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Chronique d’une Montréalaise qui déménage à Magog – Épisode 1

À travers notre série de portraits des Cantons-de-l’Est, nous cherchons à mettre en valeur la vie en région et raconter des histoires peut-être moins connues des habitants d’ici. Cette semaine, nous laissons la parole à Alexandra pour le début de sa chronique d’une Montréalaise qui déménage à Magog.

 

Changer de vie

Je suis née et j’ai grandi à Montréal. Le vrai Montréal. Pas en banlieue. Pas à Longueuil ou Pointe-aux-Trembles. J’habitais en plein centre, à quelques pas du Mile-End avant qu’il ne devienne si fameux. Enfant, j’ai vécu dans des maisons de ville avec petite terrasse de béton direct dans les yeux des voisins. Adulte, j’ai alterné entre colocation fêtarde sans intimité et logement sombre sans balcon, mais si bien situé. Dès l’âge de 11 ans, je me rendais seule en métro à l’école.  Mes loisirs avec mes amies étaient composés de sorties au Centre Eaton ou au cinéma Paramount; puis, à des tournées de bars sur l’avenue Mont-Royal ou la rue St-Laurent. Quand on voulait respirer un peu, on faisait notre marche annuelle sur le Mont-Royal et on avait l’impression de toucher à la véritable nature.

Vivre dans les Cantons-de-l’Est

Pendant ma vingtaine, comme beaucoup de monde, j’étais persuadée que pour réussir et exister, il fallait embrasser l’authentique vie urbaine dans toute sa magie exaltante. Ce n’était qu’en ville, qu’on pouvait trouver un emploi intéressant, faire évoluer sa carrière et profiter des joies humaines. Partir en région, c’était se contraindre à rabaisser ses ambitions, taire ses rêves professionnels et stagner intellectuellement.

Pourtant, me voilà, au début de la trentaine, à vivre à la campagne dans une maison au milieu des champs à perte de vue et des boisés sauvages. Et la ville ne m’a pas manqué une seule fois depuis mon départ. Le secret? Je n’habite pas dans n’importe quelle campagne. J’ai choisi de m’installer dans les Cantons-de-l’Est, à Magog.

Vivre autrement

Il y a comme un petit quelque chose de différent ici. Le mix parfait entre le cliché des paysans hors du temps, la zénitude de la vie sportive de plein air et l’attitude hipster des nouveaux arrivants. Il y a un peu de tout ici. Un beau mélange de générations et d’opinions qui s’affrontent. Il y a de la place pour des gens ambitieux et pas juste des loisirs pour retraités.

Mais il y a surtout une chose qui existe si peu en ville : le beau. Ici, tout est magnifique. Tout est ressourçant. Tout est apaisant. Le moindre coucher de soleil prend une teinte éclatante sur le lac Memphrémagog. L’hiver, les sapins des montagnes font rêver avec leur couverture blanche. Les jours de pluie donnent une touche mélancolique aux couleurs d’automne. Et puis, l’été, les chevreuils courent dans des étendues vertes parsemées de fleurs jaunes.

Ici, on peut parler en clichés parce qu’on vit constamment dans une carte postale.

Il faut juste apprendre à vivre autrement. Il est certain que le rythme change. Le soir, on ne voit plus grand monde au bureau à partir de 16h30 parce que les gens se dépêchent d’aller vivre leurs passions. Ou ils vont juste respirer. Profiter. Vivre pleinement.

On est moins frustré. C’est sûr que ça aide quand on n’a pas à passer au minimum 30 minutes aller-retour par jour à suffoquer dans le métro ou à pester dans un autobus qui n’avance pas à cause du trafic. À Magog, tout est un peu plus tranquille.

Mais cela n’empêche pas les gens de créer des entreprises et d’avancer dans leur carrière. Au contraire. Ils le font juste différemment. Plus sobrement. Plus naturellement.

Vivre équilibré  

Tout n’est pas parfait. Magog commence juste à se rendre compte qu’elle a beaucoup donné à la jeune génération. Les premiers arrivants un peu originaux qui se sont essayés ont dû se frayer leur chemin et construire eux-mêmes leur cadre de vie. La région avait été si longtemps habituée à servir uniquement des retraités, des ouvriers d’usine, des agriculteurs traditionnels ou des entreprises de l’industrie du tourisme. Quand on ne rentrait pas dans ces cases, il était difficile de se faire accepter. Ça a heureusement changé. Il y a tant à faire encore. Ça fait partie du charme. Cet assortiment de culture. Plus les jeunes viendront s’y installer, plus ça évoluera.

En attendant, de mon côté, j’y ai trouvé mon équilibre et un peu plus de sens à mon quotidien. En ville, j’évoluais dans un tourbillon constant entre le travail, les activités sociales et les transports en commun, et je n’avais jamais le temps de réfléchir et de comprendre ma place. À la campagne, j’ai pu commencer à vivre réellement.

 

Dans les prochaines semaines, je partagerai mon aventure de mon changement de vie. Peut-être que je pourrais en inspirer certains à faire le saut!

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Et vous, avez-vous déjà rêvé de décrocher et quitter la ville?

 

Alexandra est rédactrice pour Chacha. Elle se spécialise notamment en rédaction pour le Web depuis maintenant 8 ans. Vous ne savez pas comment débuter la rédaction de votre site Internet ou créer des publications sur vos médias sociaux? Vous avez besoin de slogans qui attirent l’attention pour vos publicités en ligne? Elle sera là pour vous aider!